Le journal d'Andréanne - Février ✍🏼

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Allo les filles,
Vous voici qui recevez mon premier journal. Pendant mon voyage avec mon tendre fiancé en février dernier, je suis restée loin de mon cellulaire pour profiter au maximum du moment présent. Et sincèrement, ça m'a fait un bien fou. Je vous en ai parlé un peu sur Insta, en stories, mais je suis le genre de fille qui, la très grande majorité du temps, répond à tous ses courriels avant de se coucher le soir. Tout ce qui peut/doit être répondu dans une courte période, l'est très souvent. Je me fais aussi un devoir de répondre à pas mal tous vos messages sur Insta (désolée si j'en échappe), donc en étant un peu moins sur mon cellulaire, ça m'a permis de profiter à 100% du moment présent.
Et pendant cette période, il m'est venu l'idée de vous parler ici, par courriel, à toutes les fins de mois. De vous parler de ce qui s'est passé dans le dernier mois, de ce qui s'en vient. Des beaux projets, mais aussi des moins beaux côtés. Je ferai pareil par la boîte courriel de Sans-Façon, mais à une date différente. Et si vous pensez que vous retrouverez le même contenu aux deux mêmes endroits, ça ne sera pas le cas. Chez Sans-Façon, j'aurai besoin de vous pour m'aider à développer des produits, donc je vous en parlerai également dans mes journaux. Et anyway, je vis tellement de choses différentes dans les deux entreprises! Je fais tout du même bureau, mais les émotions et projets sont bien propres à chacune.
 
Parlant de mon voyage, j'ai réalisé encore plus pendant cette semaine-là à quel point j'étais privilégiée et chanceuse de faire ce que je fais. C'est quand même fou d'avoir la chance de partir une semaine en vacances et de voir que mes deux entreprises avancent et continuent sans moi puisque je peux compter sur une équipe incroyable. J'avais demandé à Marie-Ève (je vais souvent vous parler d'elle, c'est mon bras droit, la tête de chiffres pour Womance et Sans-Façon, que d’ailleurs j'appellerai souvent Wowo et SF au courant de mes journaux) de me tenir au courant de trucs quand elle en sentait le besoin, mais tsé, qu’il y avait des trucs qu'elles pouvaient m'épargner. À ma grande surprise, chez Wowo, tout s'est bien passé. Ce ne fut pas le cas chez SF, mais je vous en parle à partir de sa boîte à elle. 
 
Pour retourner à Wowo, je dois vous avouer que les deux dernières années n'ont pas été de tout repos. Tout a l'air bien beau sur les réseaux sociaux, mais… Bon. Abordons l'éléphant dans la pièce.
Soyons sincères, à un moment donné, on n'a pas fait de beaux vêtements. Genre « de quessé que c'était ça! ». De mauvais choix, une mauvaise ligne directrice. On a avancé beaucoup trop vite en ne se posant vraiiiiment pas les bonnes questions. On était perdues dans ce qu'on faisait. Moi, j'essayais de finir de créer SF tout en gérant l'expansion de Wowo. CE FUT UNE BONNE PERTE DE CONTRÔLE. À un moment, on a même perdu des dizaines de milliers de dollars dans une mauvaise production de vêtements. Tout était mal fait. Ça pétait de tous bords, tous côtés. C'était un nouveau fournisseur. Il n'a jamais voulu nous rembourser. Ce n'est plus notre fournisseur. Mon père n’arrêtait pas de me répéter : « C'est le coût de l'apprentissage fille! » (méchant coût de marde, le père). On travaille souvent avec de nouveaux fournisseurs, mais maintenant, on y va à coup de p’tites commandes en partant, la norme quoi.
 
Au cours de ces deux dernières années, je me suis remise en question à plusieurs reprises, j'ai douté, j'ai douté très fort, j'ai pris des décisions qui m'ont brisé le cœur, j'ai beaucoup pleuré. Ç’a été les deux années les plus difficiles de toute ma carrière d'entrepreneure. Je pourrais dire de toute ma vie, finalement. Mentalement, je ne savais plus trop où j'en étais. Je suis allée chercher de l'aide. Ce ne fut pas parfait : la thérapeute m'a dit que je devais me trouver des passions autres que la job pour penser à autre chose et que si je ne me trouvais pas de passions à entrer dans mon quotidien, elle ne pourrait plus me voir. Donc je n'ai plus de thérapeute, ah! ah!. C'était tellement bizarre puisque je vivais du bonheur exponentiel en construisant une maison de rêve avec Math, mais tout le reste semblait être un énorme poids sur mes épaules. Chaque petit accrochage dans les entreprises m'arrivait au visage comme la fin du monde. J'étais sur un genre de pilote automatique d'angoisse, donc on aurait dit que je faisais juste vivre tout ça sans vraiment le vivre. Je me demandais souvent si j'étais la bonne personne pour être à la tête de tout ça. J'avais l'impression que c'était tellement plus grand que moi, et ce, même si c'était moi qui avais décidé de créer tout ça.
 
Et, à un moment, va savoir pourquoi, le tourbillon dans ma tête s'est arrêté et j'ai repris le contrôle. J’ai fait des choix qui m’ont parfois brisé le cœur et parfois réconforté, mais je n’ai jamais eu autant confiance en mes décisions que maintenant. Je prends des décisions en me disant : « Ce n'est peut-être pas la norme, mais je suis pas mal convaincue qu'on devrait faire ça ». On essaie des choses, on prend des risques et, évidemment, ça ne marche pas toujours, mais on apprend et on bâtit autour de ça. 
 
L'ENTREPRENEURIAT, C'EST UNE TOUGH ROAD. Ça semble si beau de loin, mais souvent c'est rempli de solitude. Que vous soyez entrepreneur ou pas, vous vous retrouverez peut-être un jour dans un tourbillon. De mon côté, j'ai demandé de l'aide. Ça n'a pas été parfait, mais ça m'a aidée. J'ai aussi appris à juste le dire que ça n'allait pas. Je l'ai dit à mon copain, à mes amies que là, là, ça n’allait pas. Je l'ai même dit à mes parents. Pas obligé d'entrer dans les détails si vous ne voulez pas inquiéter votre entourage, mais ouvrez-vous. Le simple fait de nommer cette émotion, ça soulage. Et vous vous rendrez sûrement compte que vous n’êtes pas seuls. Et par-dessus tout, n'oubliez jamais que tout est temporaire. Je vous l’assure. 
 
Ah! Je vous ai dit qu'il ne s'était rien passé chez Wowo pendant mon absence? Eh bien, le lundi où je suis revenue de vacances, une nouvelle personne devait faire son entrée dans l'équipe. Le contrat de travail était signé depuis trois semaines. On était contentes. Cette personne nous a appelées à 7 h 30, le lundi, pour nous dire que, finalement, elle avait eu une offre qu'elle ne pouvait refuser, donc elle ne viendrait pas travailler pour nous... Il y a un an, je me serais remise en question comme pas possible. Je me serais demandé ce que j'avais fait de mal, pourquoi ne pas choisir Womance? Est-ce que je ne suis pas nice? Womance et moi, on n’est pas nice? Pourquoi faire ça? Eh bien, quand je l'ai su, j'ai dit à ma collègue : « Ah! c'est plate! Je trouve ça plate pour elle. C'est vraiment cool de travailler chez Womance. Ce n'était pas notre personne! Pars ta semaine, on s'en reparle plus tard. On va trouver quelqu'un d'autre ».
 
Vous voyez, tout est temporaire.
- Andréanne Marquis, fondatrice de Womance & Sans-Façon Cosmétiques

24 commentaires


  • Catherine Couillard

    Merci pour le partage! Ça prend beaucoup de générosité et d’humilité pour écrire ce journal. Tu as une belle plume, longue vie au Journal d’Andréanne! 👏


  • Elise

    Quelle belle idée de nous partager de ton quotidien d’entrepreneur. De lire ce qui s’y passe, ça nous permet de voir l’envers de ce que l’on consomme et de « t’accompagner » dans cette aventure immense qu’est Womance. Merci de prendre le temps de nous écrire, même si j’imagine que tu le fais beaucoup pour toi ;) ça ajoute à ce bel esprit de communauté que Womance créer depuis tant d’années. Bien hâte de te lire ici et chez SF :)


  • Joanie

    Ça fait tellement de bien de lire ça, on s’y sent moins seule!


  • Marie Eve

    C’est super intéressant de connaître l’arrière-scène. Merci de nous partager ta vulnérabilité et ton authenticité!


  • Eryka 🌞

    L’idée du journal est incroyable, j’adore cette idée. C’est plaisant de lire les dessous de ce qu’on voit sur les réseaux sociaux. Merci d’être vrai, vous êtes cool womance et toi 💛


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